Domaine de Culan

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 [RP]Fraternelle correspondance

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Gabriel
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MessageSujet: [RP]Fraternelle correspondance   Mer 9 Sep - 2:21

Citation :
A Genève
Le jour 9ème du mois de septembre de l'an de grâce 1457


    A l'attention de mesdemoiselles Anne et Blanche de Culan
    A remettre en mains propres à ces demoiselles, à l'hôtel de Culan, à Vienne.


Mes chères sœurs,
Voilà de trop longues semaines que je suis sans nouvelles de notre famille. Aussi est-ce le cœur soucieux, mais confiant dans vos bienheureuses compétences, que je prends la plume pour vous apporter des éclaircissements sur la vie que je mène, trop loin de mes chères sœurs, à Genève.

La Confédération Helvétique est un endroit étrange et assez différent de la France et de la Bretagne. On y croise, il est vrai, de nombreux Français de passage, marchands véreux, vagabonds crasseux ou pèlerins pieux, et j’y ai même vu un pauvre roturier breton, perdu, qui avait tant marché jusques ici qu’il en avait oublié sa propre langue.

Car c’est probablement le plus choquant dans cette Genève si surprenante : il n’y a point (ou peu) de noblesse. Ainsi la roture y a ses habitudes, on s’appelle par son prénom, on boit tout son saoul en chantant quelque paillardise, et on s’appelle « citoyen de la république ». Je vous confesse que ce sont là des coutumes que j’ai encore du mal à accepter, et en ceci mon ministère n’en est que plus facile, paradoxalement. Oui, plus facile, car finalement, la population me voit comme un être différent, à part, non pas tant à cause de ma robe, mais de mes manières aristocratiques. On y voit une distance qui, en plus de m’être agréable, m’est relativement profitable, puisqu’elle inspire le respect à ces petits sauvages.

Sauvages aussi sont ces pauvres hétérodoxes. Je ne sais qui les a éduqués, mais ces pauvres gens, qui composent pour une grande part la bourgeoisie urbaine de la paroisse de Genève (les paysans sont plus sensibles au message du Très-Haut) font référence à des textes que je ne connais pas, et méprisent la parole de nos prophètes. Ainsi se décompose la plus grande part de ma tâche : j’accomplis les devoirs liturgiques habituels, je reste en contact avec la paroisse voisine d’Annecy, sous ma dépendance, et je lutte contre l’hérésie avec une force dont mère ne doit pas rougir de son paradis, et une diplomatie qui, je l’espère, honore la mémoire de père et tante Mentaïg. Car, mes chères sœurs qui vivez dans le luxe d’une ville entièrement acquise aux forces de Dieu, croirez-vous que la cathédrale qui m’est destinée m’est en réalité interdite d’accès par les chiens et les hommes de la garde urbaine, qui protègent des amis du Sans-Nom occupant la bâtisse ? Face à cela, mon prédécesseur, l’honorable Aurélien, a dû consacrer une taverne abandonnée, dans laquelle je suis réduit à célébrer l’ensemble de mes sacrements.

On m’a averti, par ailleurs, que le climat de ce pays étrangement vertical, deviendrait difficile à vivre passé le mois d’octobre, aussi ai-je dû faire des réserves de bois. Voilà d’ailleurs une denrée qui ne manque pas dans la région, même si les arbres ne sont pas les mêmes qu’en France. Les arbres helvètes sont plus secs, plus creux. Moins aimés du Seigneur, je pense, et je crois deviner pourquoi. La cathédrale étant occupée, j’ai cru devoir acheter sur mes fonds propres un nouvel hôtel particulier. Il n’en est heureusement rien, puisque le palais épiscopal et le potager attenant m’attendaient et avaient même été protégés et entretenus en mon absence par les « citoyens » détenteurs de la Vraie-Foi.

J’ai passé quelques jours à Rome, au mois d’août. La chaleur y était difficilement supportable, mais cette ville est d’une splendeur dépassant toute description. J’y ai fait la connaissance de plusieurs personnes très aristotéliciennes et fort aimables, et y ai même découvert un bureau qui m’y était spécialement réservé. Comme je regrette de n’avoir pu vous le faire visiter ! Promettez-moi que nous nous reverrons bientôt ! Pour ma part, je m’engage à mettre en œuvre tout ce que je puis pour cela.

D’ici là, que Dieu vous garde toutes deux sous Sa Très-Sainte protection.
Votre frère aimant,



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anne

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MessageSujet: Re: [RP]Fraternelle correspondance   Ven 11 Sep - 2:42

Citation :
A Monseigneur Gabriel de Culan, évêque de Genève

Vienne, ce vendredy onziesme de septembre MCDLVII



Mon cher frère,

A la première lecture de votre missive - car vous imaginez sans peine que je l'ai lue et relue bien des fois - j'ai béni le nom du Très-haut pour la grâce qu'il me fait d'avoir un frère tel que vous. Votre foi inébranlable, mon cher frère, face à la lourde tâche qui est vôtre, renforce la mienne, et me fait rougir des agacements que j'éprouve dans mes menus travaux au service du Lyonnais-Dauphiné. Si tenir les comptes d'un duché et attendre des heures que les maires daignent livrer leurs quotas de céréales est parfois fastidieux, ce n'en est pas moins simple, et sans commune mesure avec vos propres difficultés.

Mais je relis une fois encore votre lettre, Gabriel, et m'inquiète pour votre santé. Vous souvenez-vous des hivers dauphinois ? Je les trouve pour ma part bien froids, bien humides et bien longs, et vous me dites qu'en Helvétie ils commencent dès octobre ? Cette taverne où l'obscurantisme des mécréants vous contraint d'exercer votre ministère, est-elle au moins dotée d'une cheminée ? Voulez-vous, mon frère, que je vous envoie Bacchus ? Il saura veiller sur votre confort, comme il le fit pour Tante Mentaïg et moi-même. Vous le connaissez excellent cocher, vous le découvrirez fort apte à entretenir votre potager, bien mieux certainement que n'importe lequel de ces hérétiques dont vous êtes environné, et au moins aussi bien que tout aristotélicien helvète. Un mot de vous, et il prend la route de Genève. Me départir de lui me sera doux, si c'est pour votre sauvegarde.

Notre sœur vous écrira sans doute de son côté. Je la vois peu, hélas ! Son goût pour la prière la mène bien souvent au couvent. Je devrais m'en réjouir, je le sais. Mais l'hôtel de Culan est si vide ! Messire d'Aupic s'en est retourné en Berry, pour les obsèques d'un vieil ami, qui voulut nous faire visite au printemps dernier, mais qui passa le temps de son séjour à Vienne à l'infirmerie du monastère. Il avait nom Jelubir. Le Très-haut l'accueille en son paradis solaire !
Notre oncle de La Chapelle-Angillon passe à Paris le plus clair de son temps. A son sujet, mon frère, je dois vous avertir qu'il a rendu à la dame de Thauvenay sa liberté. Cette dernière a quitté l'hôtel. Elle se trouve en ce moment à Montélimar, auprès de Messire votre parrain.

En effet, mon frère, notre Duché connaît bien des épreuves. Des suppôts du Sans-nom, attirés par l'espoir d'une vaine gloriole, rôdent sans fin aux portes de nos villages, prêts à fondre dans la moindre brèche de nos défenses. Vienne ne semble pas pour l'instant menacée, et c'est heureux. J'y suis revenue depuis tantôt trois semaines, Blanche m'y a rejointe quelques jours plus tard. J'héberge en notre hôtel un enfant dont je vous parlerai plus tard, un garçon pour qui je me suis prise d'une réelle affection, et qui me le rend bien. Sa présence éclaire mes journées, l'honneur d'avoir sa garde me redonne goût à la vie. Pour sa sécurité et la mienne, je vous dirai seulement qu'il doit la vie à feue notre tante. Priez, s'il vous plaît, que le Très-haut me préserve de l'orgueil.

Peut-être est-il venu à votre connaissance, dans vos lointaines montagnes, que j'ai eu l'honneur, cinq jours durant, de gouverner le Lyonnais-Dauphiné. Notre Gouverneur, Messire Phelim, ayant été enlevé par des êtres sans foi ni loi, je me suis trouvée assurer la régence jusqu'aux élections suivantes. Malgré l'inertie de la plupart des Conseillers, Messire Phelim a été retrouvé en Berry, non loin de votre castel de Culan. J'ai à cette occasion dû surmonter ma répugnance, et écrire à notre grand-oncle d'Aigurande, lequel m'a fort aimablement répondu. Le temps de ma brève régence, on m'a communiqué les enregistrements du Conseil des Hauts Feudataires, et je suis encore bouleversée de ce que j'ai appris des manigances de cet homme. Je prie pour son âme immortelle tous les jours que le Très-haut fait, mais j'ai bien du mal à trouver en moi la confiance en sa rédemption.

Mon frère, dès que cela me sera possible, je vous viendrai visiter à Genève. Son Excellence Bastien d'Amilly, notre chancelier, me dit qu'un de nos ambassadeurs est actuellement là-bas. Je le recommande à vous, si son chemin devait croiser le vôtre. Il s'agit de Messire Mischmetal.

Le Très-haut vous garde, Gabriel, et vous conserve toujours votre foi.

Votre sœur affectionnée,


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