Domaine de Culan

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 RP Anniversaire Gabriel à Châteauroux

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Maryan
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MessageSujet: RP Anniversaire Gabriel à Châteauroux   Mer 14 Mai - 13:16

Mentaïg a écrit:
Mentaïg vérifia une dernière fois le coffre dans lequel la nourrice avait serré les vêtements de Gabriel. La grande fille à l'allure chevaline souriait bêtement, comme d'habitude, de toutes ses dents démesurées, en la regardant faire. Etrange : elle n'avait rien oublié. Sans doute se réjouissait-elle, elle aussi, de quitter un temps Baugy, et d'accompagner son nourrisson à Châteauroux. Non qu'elle s'y ennuyât, à Baugy : elle avait trop peu d'imagination pour cela. Mais l'idée de trimbaler sa maigre carcasse sur les chemins semblait lui plaire.

A l'heure prévue, le coche s'avança dans la cour. Bacchus, qui attendait les ordres, y chargea les bagages, suivi comme son ombre par la nourrice. Gabriel dans les bras, Mentaïg suivait des yeux son manège, et s'amusait de voir le pauvre Bacchus suer sang et eau sous le regard de propriétaire de son admiratrice. Il avait beau multiplier les crochets, bousculer la grande fille, celle-ci ne le lâchait pas d'une semelle, son visage lunaire fendu d'un sourire à faire peur à un chat égorgé.

Riant sous cape, Mentaïg s'approcha de HdB.


Il n'y a rien qui pouvait me faire plus plaisir que ce voyage, mon âme. Vous vous souvenez, l'an dernier ?

Oh oui ! HdB se souvenait. Mentaïg n'avait posé la question que pour le plaisir de se le remémorer elle-même. A l'époque, ils avaient parcouru à pied les chemins du Berry, de l'Orléanais, de la Bourgogne... Ce soir, ils iraient en coche, moyen de locomotion plus pratique pour le petit Gabriel.

Ne restait plus qu'à prendre place. Gabriel dormait, confiant. Il commençait à se faire lourd, dans les bras. Mais Mentaïg n'eût confié à personne le soin de le porter. Elle se carra confortablement dans un angle, en face de HdB. Sans doute ne parcourrait-il pas tout le trajet dans le coche. Son cheval suivait, et le moment viendrait très vite où il préférerait le monter plutôt que de se faire ballotter au gré des ornières.

Nageuse émérite, Mentaïg n'avait en revanche aucun goût pour l'équitation. Elle ne montait que contrainte et forcée. Elle sourit, dans l'ombre du coche, heureuse. Il était plus que temps pour elle d'échapper pour un temps à l'atmosphère étouffante dans laquelle elle baignait depuis les dernières élections.

Etrange, d'ailleurs, qu'elle ait justement pensé à ses capacités de nageuse, au moment de se mettre en route. Elle ressentait si fort l'appel d'un large, d'un ailleurs inconnu, que c'était la seule image qui lui était venue à l'esprit : celle d'une petite fille - elle-même, des années plus tôt - fuyant à la nage la plage où sa nourrice l'attendait pour la corvée de ramassage des salicornes, dont elle extrairait la soude nécessaire à ses préparations médicinales.

Toute à ses souvenirs, Mentaïg se laissait bercer par le coche. Dans le coin opposé au sien, la nourrice ronflait, en écho au martèlement des roues sur les cailloux.

Tant bien que mal, Bacchus avait casé ses deux cent vingt livres en face d'elle, et Mentaïg croyait voir rouler ses yeux dans l'obscurité.

En cet équipage, l'on arriva à Bourges aux petites heures.




Gabriel de Culan a écrit:
S'il avait su parler, Gabriel aurait été présentement en train de râler. Pourquoi râler? D'abord parce qu'il était Berrichon. Ensuite parce qu'il était le fils de deux râleurs: Maryan de Bellevue, et Valatar de Culan. Enfin parce qu'il avait des raisons.

Quelles raisons: D'abord, il faisait très chaud, plus chaud qu'il n'avait jamais senti depuis qu'il était sorti du ventre de sa mère, un an plus tôt. En plus, on le portait d'un endroit à l'autre, dans un voyage qui semblait n'en plus finir. Et pour couronner le tout, celle qu'il aurait aimé appeler "mère" mais qui ne l'était pas totalement, le tenait dans ses bras protecteurs, mais il manquait de place.

Dans ces cas là, Gabriel était toujours tiraillé entre deux choix, dont chacun avait ses avantages et ses inconvénients.

Le premier choix était de pleurer à chaudes larmes en hurlant. L'avantage était qu'immédiatement, tout le monde se pressait autour de lui, et qu'il se sentait vraiment au centre de l'univers. L'inconvénient était que cela demandait de gros efforts, de grosses dépenses d'énergie, et que ça le fatiguait énormément.

Le deuxième choix était de dormir. L'avantage était qu'on le laissait tranquille et que généralement, au réveil, toutes les raisons de se plaindre étaient passées. L'inconvénient était qu'il risquait d'être oublié. Cela dit, ça n'était jamais arrivé, et cette mère, du moins celle qui s'occupait de lui, ne risquait pas de l'oublier. En tout cas, ce n'était pas vraiment un objet de crainte... surtout quand il était dans ses bras. Il choisit donc cette solution.

Un tout petit filet de bave vicomtale dépassa entre ses lèvres. Si le voyage était long, le sommeil le serait tout autant. Na!




Maryan a écrit:
La jeune Vicomtesse n’avait pas eu à insister longtemps auprès de son époux pour qu’il la laisse voyager à dos de jument, plutôt qu’enfermée dans un coche étroit à l’atmosphère étouffante.

Maryan aimait le grand air, les galopades éperdues, le vent qui souffle sur son visage et fait voler ses cheveux dorés, les plaines qui s’étendent sous ses yeux, abritant quelques villages au loin dont on distinguait la fumée.
Aaah ce sentiment d’évasion ! Rien ne pouvait autant satisfaire l’âme exaltée de la jeune femme que ces rencontres avec la nature éblouissante de beauté.

Le but du voyage avait aussi de quoi ravir Maryan. Grande était sa hâte de revoir sa cousine, qui était sortie de Noirlac depuis peu, et devait être sur les routes actuellement.
Les deux jeunes femmes avaient prévu de se retrouver à Châteauroux, avant qu’Amberle ne reparte pour la Touraine, et que Maryan ne reparte pour St-Aignan.

Et puis il y avait son fils… Son fils qu’elle n’avait vu depuis un an déjà, ne prenant que des nouvelles rapides et espacées par celle qui était devenue la mère d’adoption de Gabriel : la Dame de Baugy.
Il devait avoir bien grandi, et la jeune Vicomtesse espéra qu’il ne fût point devenu un mouflet braillard et dissipé. Elle avait tellement en horreur ce genre de comportement tapageur !

Enfin… Connaissant Mentaïg, l’enfançon avait sûrement appris à se tenir comme il se devait.
En fin de compte, Maryan espérait juste que le bambin n’eût point entièrement pris le caractère de son géniteur, sans quoi même la patience de la Dame de Baugy en pâtirait et ne porterait pas les fruits attendus.

Coup d’œil amusé à son époux, alors qu’ils pénétraient au pas dans la ville de Châteauroux. Ce bougre de têtu avait beau être ce qu’il était, sa jeune épouse ne lui en était pas moins attachée.
Attachée, mais méfiante… Maryan n’avait pas oublié ces jours terribles en Touraine, où elle s’était sentie humiliée et délaissée, abandonnée dans son rôle d’épouse résignée que des semaines de couche avaient éloignée de son aimé.
Insidieusement… Sournoisement… Des jours qui se suivent et se ressemblent, accompagnés de leur lot de souffrance et de colère contenues.

Les épousés se retrouvaient peu à peu, et Maryan n’avait pu s’empêcher de ressentir une joie immense -bien que teintée de rancœur- lorsque le Vicomte avait enfin daigné reprendre ses visites dans les appartements de sa femme.
Elle revoyait l’élégante désinvolture avec laquelle il l’avait rejoint dans sa chambrée, comme si tout nuage –s’il y en avait eu- était dissipé.
Elle s’était sentie fondre sous le regard qu’il avait posé sur elle, ce soir-là, mais n’avait pu se débarrasser de sa méfiance. Et la rancœur était là… tenace… perverse…
Maryan était une femme dotée d’un terrible orgueil, et même si elle s’obstinait à vouloir taire ses sentiments dans des prières interminables, le désir de revanche était bien là, enraciné, irrésistible…

L’heure de mettre pied à terre arriva enfin.
Châteauroux… ses calmes habitants, sa place animée et son lot de souvenirs…
Maryan soupira, et tandis que son époux s’occupait de leur chercher un lieu de séjour et de réceptionner leurs malles (qu’un valet avait amené en chariote jusque là), la jeune Vicomtesse partit à la recherche de sa cousine, qui était ou bien déjà arrivée, ou bien en voie de l’être…
Son fils, la Dame de Baugy et le Baron d’Aupic devaient quant à eux arriver sur les lieux le lendemain.



Amberle a écrit:
Son séjour monacal avait été éprouvant, tant par la longueur, que par son austérité. Un comble pour la pipelette que de devoir se soumettre à la loi du silence pendant un mois, deux quinzaines, quatre semaines, une trentaine de jours...Elle avait grincé des dents, se retenant à grand mal de ne pas pouvoir bavarder avec ces hommes en soutanes. Dès son arrivée, la belle brune était convoqué devant le Père, qui hésitait que faire de la dame. Plusieurs choix s'offraient à lui : le Scriptorium - debout, à recopier les traités philosophiques ou théologiques, parfait pour lui bousiller les yeux? -, ou la faire participer au travail du monastère, à savoir, le dure labeur de tout paysan... Humpf. Elle est ambassadrice, faudrait pas non plus qu'elle raconte en Touraine qu'on exploite, spolie, use et abuse des tourangeaux. Ce serait alors la lutte finale entre les deux peuples ( Ok, )
Dilemme. La laisser libre ? Mhmh. Solution qui ne plait pas au vieux.
Toujours silencieuse, Amberle écoute, et contemple l'homme âgé, fascinée par la blancheur de ses cheveux. Les secondes s'égrènent, et la brune relève la tête, vantant la bière berrichonne, et risquant le souhait de faire un stage de conservation de la bière pendant quelques jours. Minaudant, genre le chat botté, sourire en coin, c'est sa recette habituelle pour avoir ce qu'elle veut. Et ça marche une fois de plus.
Le temps s'écoule, elle compte les jours dans sa chambrée, Ave Noster, vi vi, prie, lorgne sur les soutanes, qu'elle relèverait bien, pestouille qu'elle est.

.... Et qu' Amberle soulève, guettant leurs réactions, amusée de la scène. Celui qui avait eu la malchance d'avoir la soutane relevée à hauteur de la tête avait le visage couleur écrevisse. Deux ou trois moines fermaient les yeux, un autre s'exclamait en juron, le dernier se bouchait les oreilles - pourquoi, va savoir ? -

Action - réaction : Voilà une brune éjectée de Noirlac en deux temps, trois mouvements, avec une botte du Frère machin chose qui vole derrière elle. Un cadeau de départ, surement ?

Amberle fronce les sourcils, réalise sa blondinerie, ah qué malheur d’être si impulsive. L'art de rire, et de ne réaliser les conséquences qu'après. Blonde d'intérieur, assurément. Elle file aux écuries, chercher sa jument « Piquette », sa seule compagne et l’enfourche, sans vraiment savoir où aller. Sancerre est la ville la plus proche, mais une vision fugace traverse l’esprit d’Amberle. Maryan. La retrouver. Et ensuite, seulement ensuite, reprendre la route vers Loches.

Les deux cousines ont toujours été fortement liées, depuis leur tendre enfance. L'une est blonde, l'autre brune, l'une est posée, l'autre cavalière, mais les deux ont en commun une sorte de liaison spirituelle. Comme les jumeaux. Aussi, sans réelle surprise, Amberle reçut un pli de celle-ci



Citation :
Ma bien chère Amberle,

Si tout va bien, je pars aujourd'hui de St-Aignan, accompagnée de mon époux, qui, je ne sais pourquoi, ne souhaite pas me laisser voyager seule. Tsss !

Enfin... J'imagine qu'il nous laissera tout de même du temps pour nous.
Cela fait tellement de temps que j'attends nos retrouvailles, que je ne permettrai à personne de nous gâcher ces instants.

Valatar et moi seront demain à Châteauroux.
Passes-tu par Bourges avant d'y aller, toi ?

Je pose ma plume ici, il me faut encore sceller quelques malles avant de partir.

Grosses bises à toi, à et à tantôt !

Ta cousine,
Maryan d'Ambroise Cornedrue


Deux jours plus tard, c'est une Amberle fatiguée mais heureuse, crottée jusqu'au genou, qui arriva à Chateauroux. Un rapide tour dans le Cher la remit d'aplomb. Sereine.
Elle se dirigea vers la taverne de son ami Bernold, et s'y endormit ... Avant qu'une espèce de folle ivrogne ne la réveilla. Ou plutôt, que son adorable cousine ne la serra dans ses bras...

La matinée se passa dans la joie et la bonne humeur, les choppes s'accumulant, et les rires fusèrent en cascade. Après avoir parlé de tout, de rien, des amours, du môme, des raisons à faire l'anniversaire ici, du ciel bleu, des recettes pour faire rôtir les poussins et manger les vieilles biques, etc etc ... ( ) Après ce moment sacrosaint où personne n'a interet à déranger ces deux là ...
Elles décidèrent l'une et l'autre d'être sages, et de bien se tenir. Aussi, sobres qu'elles étaient, elles partirent chacune de leur côté. Maryan voulait retrouver son Aimé, Amberle, un peu de quiétude.



HDB a écrit:
Quand Mentaig avait proposé ce voyage, quelques jours auparavant, HDB avait accepté avec joie. Celà faisait bien longtemps qu'il n'avait pas quitté ses terres et il se serait bien trop facilement laissé glissé dans une certaine mélancolie sans ce petit périple. De plus il partageait à nouveau le plaisir de voyager avec Mentaïg, ce qui était pour lui le plus doux des moments de ces dernières semaines.

Hélas pour lui, il se sentit assez vite à l'étroit dans ce coche. Il regardait avec une certaine nostalgie son cheval qui suivait tranquillement, ne portant que les armes du Baron. Les échanges étaient rares, se limitant à quelques regards et sourires partagés avec Mentaig, lorsque Bacchus et la nourrice se mettaient à ronfler à l'unisson.

Ils entrèrent bientôt en les murs de Bourges pour y passer la nuit.

Dès le lendemain il faudrait repartir vers Chateauroux.


Mentaïg, ma douce, je ne vous demandrais qu'une chose, permettez moi de voyager demain à cheval, ... vous aurez ainsi plus de place.

Il se garda bien d'avouer qu'il n'en pouvait plus de l'étroitesse de ce maudit coche, sachant que Mentaig devait en souffrir tout autant. Tandis que la nourrice s'occupait du jeune Gabriel et que Bacchus s'affairait autour des bagages, le couple prit le chemin de l'auberge afin d'y prendre un peu de repos.

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Maryan d'Ambroise - Vicomtesse douairière de Culan
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MessageSujet: Re: RP Anniversaire Gabriel à Châteauroux   Mer 14 Mai - 13:16

Arnaut a écrit:
Doué ! Ou alors, sacrément veinard ? Comment le jeune Bluette avait-il put le surprendre encore une fois ?

Arnaut, bien décidé à reprendre le dessus, écarta légèrement les pieds afin de gagner en stabilité. L'épée tendue, l'oeil épiant le moindre geste de la part de l'adversaire, les deux jeunes hommes se regardaient. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire (enfin l'écrire !), Arnaut sur le point de toucher l'épaule du jeune Parceval, ne vit pas ce dernier s'approcher à toute allure, esquiver et le pousser juste ce qu'il faut pour le faire chuter.

Une chute de plus, de nouveau l'herbe qui lui chatouillait les narines. A peine commençait-il à profiter de la situation pour se reposer, qu'Arnaut entendit le vicomte rire non loin de là. L'écuyer se leva, le plus rapidement qu'il lui était possible de faire après une cuisante démonstration. Isidore se trouvait à une fenêtre du château et semblait apprécier le spectacle. Celui-ci demanda à Arnaut de monter dans son bureau. Ce dernier enleva son haubert aidé de Parceval et se rendit en vitesse dans le bureau du vicomte.

Une fois à la porte, Isidore le fit entrer et lui dit quelques mots, un parchemin entre les mains.


« Voilà la lettre. Apporte-la avec soin jusqu'à Châteauroux et remet là en main propre à Mar... au vicomte Valatar Cornedrue. » dit Isidore.

Le vicomte relut une dernière fois la lettre et apposa son cachet sur la cire encore chaude. Arnaut reçut enfin la lettre et allait partir lorsque le vicomte ajouta quelques mots.


« Fais vite mon ami. Rapporte-moi la réponse dès que tu peux. »

L'écuyer partit sur le champ, laissant le jeune Bluette à ses exercices. Après quelques lieues parcourant les forêts berrichonnes, Arnaut distingua enfin le clocher de l'église de Châteauroux. Il se rendit au centre du village afin d'y glaner la moindre information sur les dernières arrivées et pourquoi pas d'y trouver le couple Cornedrue.



Mentaïg a écrit:
Bourges était calme, d'un calme presque effrayant, dont on sentait qu'il n'était pas dû seulement à l'heure tardive.
Mentaïg se souvenait non de ses propres impressions, lors de son premier séjour dans la capitale, mais de celles de HdB, plus d'un an auparavant. Il venait d'être élu Conseiller ducal, sur la liste du Duc George, qui lui avait confié le poste de juge. Il était parti pour Bourges, très tard le soir, pour travailler dans son bureau, et était revenu dès le lendemain. Cela avait été leur première séparation, la plus courte, certes, mais aussi la plus éprouvante. Les pigeons avaient sillonné le ciel du Berry. HdB avait raconté ce calme étrange, les rues et tavernes vides, le marché anémique, les bâtiments neufs, poussés trop vite, vastes coques inutiles.


Mentaïg, ma douce, je ne vous demandrais qu'une chose, permettez moi de voyager demain à cheval, ... vous aurez ainsi plus de place.

Elle sourit dans l'ombre. Plus de place, vraiment... Elle savait que HdB détestait le coche. Elle n'aimait pas cela davantage, préférant de loin marcher librement, en coupant à travers la forêt. Mais avec un nourrisson dans les bras, ça n'aurait pas été raisonnable.

Tant que vous restez près de la portière, mon âme, pour que je puisse vous parler, voyagez comme il vous plaira !

Le jeune vicomte dormait consciencieusement, le front tout emperlé. Mentaïg cueillit délicatement du bout de l'index la petite bulle qui s'était formée au coin des lèvres serrées sur quelque balbutiement rebelle. Comment ne pas penser "mon fils" face à cet enfant ? La jeune femme ressentait une appréhension, teintée de culpabilité, à l'idée d'amener le petit à sa mère. Mais c'était bel et bien Maryan qui l'avait mis au monde, pas elle.
A regret, elle déposa l'enfant dans les bras secs de sa nourrice, donna un instant de distraction à sa morosité en regardant Bacchus glisser une malle sous chacun de ses bras, comme il l'eût fait de vulgaires bouteilles vides, et se serra contre HdB.
L'auberge leur offrirait le gîte et le couvert, en attendant que les chevaux fussent suffisamment reposés pour rallier Châteauroux.



HDB a écrit:
La nuit fut brève, mais calme, très calme, un peu à l'image de Bourges. A la première heure, HDB fut réveillé discrètement par Bacchus, lequel secoua avec une certaine délicatesse le Baron, le lit, et la moitié du mobilier de la chambre. Il fut remercié par un regard hésitant entre la colère de savoir que Mentaig avait du être réveillée par le bruit, bien que dormant dans la pièce voisine, et l'amusement face à l'air dépité du gaillard.

Voyons Bacchus, un peu de délicatesse, il y a des dames et des enfants dans cette ville, c'est seulement moi que tu devais éveiller!

Après une rapide toilette, le baron descendit aux écuries, prit son cheval qui avait été préparé, et sortit régler quelques affaires urgentes au chateau. Il venait rarement à Bourges et souhaitait clarifier quelques dossiers. Puis, après avoir prit quelques renseignements sur la sécurité de l'itinéraire pour Chateauroux, il revint à l'auberge où les préparatifs du départ semblaient bien avancés.



Matheline a écrit:
[Sur la grand’ place de Châteauroux]


Pffff des heures qu’ils attendaient dans la chariote! Des heures! Pendant que Messire Vicomte vaquait à ses occupations et que Madame Vicomtesse folichonnait avec sa cousine.

Matheline s’ennuyait, mais s’ennuyait!! À se jeter dans le Cher pour plus de distraction.
Elle s’occupait tant bien que mal en inspectant les malles de sa maîtresse et leur contenu, vérifiant que rien n’avait été oublié ou perdu, pendant qu’Anicet, le valet de Messire Vicomte, babillait à ses côtés.

Celui-là alors!! Elle lui aurait bien fait bouffer ses braies! Matheline avait le plus grand mal à le pifer. Lui, le regard mielleux qu’il posait sur elle, ses manières douceâtres à son endroit et ses paroles insipides se voulant galantes.
Bon Diou d’bon Diou! Que ne pouvait-il plutôt céder aux avances de Flamenque, la cuisinière de Madame, qui elle, pour le coup, semblait s’être totalement entichée de ce vieux débris?!

La camérière soupira, et se décida à prendre son tricot pour s’occuper, n’écoutant Anicet que d’une oreille distraite, et observant les passants qui vadrouillaient sur la grand’ place du village.
Un jeune homme s’approchait. Plutôt bien fait de sa personne. Les cheveux bruns négligemment ramenés vers l’arrière, avec quelques mèches qui virevoltaient par-ci par-là.
Mmmhh! Voilà une belle excuse pour lui éviter plus avant la compagnie plus qu’agaçante d’Anicet.
Justement, le beau brun s’adressa à eux. Il cherchait Monsieur et Madame. Quelqu’un avait du la présenter comme la camérière de Madame et Anicet comme le valet de Monsieur.
Le beau brun avait une missive à leur remettre. En main propre, qu’il disait. Bon bon… On n’allait pas contrarier le messire.


Ben Dame, c’est que je peux vous emmener à l’auberge où s’est arrêtée Madame, mais quant à savoir où trouver Monsieur, alors ça… C’est qu’il a l’habitude de baguenauder un peu partout, Messire Vicomte. Et on sait jamais où le trouver.
Enfin…
regardant la position du soleil c’est bientôt l’heure de la pitance. Il a peut-être rejoint son épouse et sa cousine, maintenant.
Suivez-moi donc, je vous emmène auprès d’eux.


Trop heureuse de planter là Anicet, à qui seul restait la charge de surveiller les affaires de leurs maîtres, Matheline sauta du chariot, fit un grand sourire au beau brun, et partit en direction de l’auberge où elle avait vu sa maîtresse entrer.

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MessageSujet: Re: RP Anniversaire Gabriel à Châteauroux   Mer 14 Mai - 21:50

Arnaut a écrit:
Le meilleur moment de la journée, assurément. Arnaut passait de taverne en taverne, glanant la moindre information à propos du couple Cornedrue et de la moindre goutte de liqueur pour se donner du courage. Après quelques verres, il était toujours plus facile d'engager la discussion. Y laissant quelques écus et autant de neurones, Arnaut repartit en direction de la grande place de Bourges, légèrement euphorique. Un vieux, sourd comme un pot mais bavard comme une pie, lui avait soutiré le peu d'écus qu'il lui restait dans sa bourse pour lui indiquer les deux personnes vers lesquelles se dirigeait Arnaut. Cette fois-ci, il fallait que ce soit la bonne !

S'approchant, le jeune écuyer fut tout naturellement attiré par la jeune femme qui éveillait chez ce dernier une certaine curiosité. Faisant un effort pour se concentrer sur ce qu'il allait dire - il faut dire que l'alcool n'aidait pas - Arnaut expliqua sa situation.


Bonjour ! J'ai une missive à remettre en main bropre... euh propre... au Vicomte Cornedrue. Sauriez-vous me dire où je peux le trouver ?

Arnaut laissa la servante répondre puis ajouta.

Emmenez-moi où vous voulez, je vous suis.



Maryan a écrit:
Ils étaient attablés pour le repas, tous les trois, riant et plaisantant gaiement autour des victuailles et des pichets de vin qu’on avait mis à leur disposition à l’auberge.
Maryan avait un sourire radieux qui ne la quittait pas. Elle était si heureuse de revoir sa cousine ! Sans elle, elle se sentait comme privée d’une partie de son âme. En sa présence, elle se sentait enfin complète. Complète et vivante.

Ensemble, les deux jeunes femmes retrouvaient la complicité de leur enfance. Les souvenirs communs, les espiègleries partagées, les secrets dévoilés… Tout ce qui constituait un passé heureux, vécu de concert.

Ils ripaillaient gaiement, quand la camérière de la Vicomtesse fit son entrée.
Maryan lui sourit et l’interrogea du regard. Elle était censée garder le chariot et les malles qu’il contenait. Que diable faisait-elle donc ici ?

Elle s’apprêtait à lui poser la question, lorsque son regard se fixa sur la personne juste derrière sa camérière.
Lui… Son ecuyer…

Maryan se figea, une lueur interdite au fond des prunelles, n’écoutant le bavardage de sa camérière que d’une oreille distraite.


«Dames, Messire, voilà un cavalier doté d’un message pour vous. Je me suis permis de laisser Anicet s’occuper seul des malles pour amener le sieur auprès de vous. »

Et le sieur en question de se présenter, et de tendre une missive cachetée au Vicomte de Culan. Maryan fixait les feuillets, ébaubie.
Elle ne s’était aucunement attendue à cela, et se demandait bien quel pouvait être le contenu de la missive que son époux était en train de décacheter. Elle pensait le Vicomte de Meillant en retraite spirituelle. Voilà longtemps qu’elle n’avait eu de nouvelle de lui. Si longtemps…

Tant de choses s’étaient déroulées depuis… Le mariage, la Vicomté reçue, la naissance de Gabriel, tous ces départs précipités, tous ces bouleversements qui avaient transformé la vie de la jeune femme…

Etrange hasard que celui-ci… Ils ne s’étaient pas revus depuis si longtemps, et voilà que le jour de sa venue à Châteauroux correspondait à son retour à lui de Noirlac.
Maryan ne pouvait s’empêcher d’y voir quelque chose comme l’appel du destin. Et si…

Elle se redressa sur sa chaise, chassant ses pensées et se concentrant sur le contenu de la missive, que son époux lisait à haute voix présentement.



Citation :
Cher Vicomte,
Chère Vicomtesse,

Je vous écris ces quelques mots alors que l'on vient de m'informer de votre venue à Châteauroux. Je ne sais point si vous avez prévu de rester quelques jours mais si tel était le cas, ma porte vous est ouverte. Quelques chambres sont prêtes pour vous accueillir, vous et vos amis si vous êtes accompagné. Ce n'est pas le Louvre, certes, mais le domaine est en pleine nature, au calme, et on ne manque de rien. Cela serait l'occasion de se connaitre un peu plus, au-delà de la simple image un peu réductrice de conseiller ducal ou de politicien.

Arnaut, l'homme qui vous apportera cette lettre, pourra vous guider jusqu'au domaine si vous le désirez. Si vous ne pouviez venir, informez-en Arnaut. Le cas échéant, je suis sûr que nous arriverons à trouver un autre moment pour se rencontrer.

Mes salutations,

Isidore Bluette.



Une invitation en son domaine…
Maryan sourit, tentant de prendre l’air le plus dégagé possible.


« Comme c’est charmant de sa part. Eh bien il me semble que telle gentillesse ne peut être refusée, n’est-ce pas, cher Aimé ? »

Les yeux pers se tournèrent vers ceux –bleus océan- de son époux. Allait-il accepter l’invitation ? Par pur souci de bienséance, sûrement. Politesse, courtoisie, tenue et retenue, surtout. Les maîtres-mots de la noblesse.
Maryan ne fit pas affront à ces règles, et présenta un visage tout à fait impassible, dans lequel on lisait à peine une note d’impatience et de nervosité.


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